C’est trop cher …

Quand j’étais adolescente, je voyais le prix des maisons, je trouvais ça cher, notamment en bord de mer où j’habitais.

Jeune adulte, j’ai pensé acheter un logement plutôt que continuer de louer, et puis je me suis dit que je ne resterais pas où je vivais à cette époque, alors j’ai laissé tomber l’idée. Je pense que j’aurais pu trouver un bien immobilier qui me correspondait, à un prix qui me convenait. Je n’aurais probablement pas eu beaucoup de difficultés à décrocher un crédit.

J’ai déménagé, baisse de salaire, installation en couple, les biens qui nous intéressaient étaient chers, on est resté locataire.

Notre couple s’est transformé en famille, nos carrières ont évolué et nos revenus augmenté. Nos envies se sont agrandies, les biens qu’on visait étaient malgré tout trop chers.

On a fini par sauter le pas, trouvé une maison à un prix qui nous convenait, tout de même un peu chère, malgré la négociation de prix de près de 20 000€.

Séparation quelques années plus tard, revente de la maison à un prix inférieur à celui d’achat sans compter les frais de rénovation dépensés (chauffage, huisseries pour les postes les plus élevés). Avec le recul, ça n’était clairement pas une « bonne affaire ».

Nouveau logement en location, les biens sont trop chers pour envisager une acquisition, parce que je souhaite suffisamment d’espace pour chaque membre de ma famille.

Aujourd’hui je m’intéresse à l’investissement immobilier. La rentabilité ne se trouve pas, elle se crée. Malgré tout, les prix sont élevés, l’assurance d’une rentabilité intéressante (revenus supérieurs à l’ensemble des charges, pas seulement le crédit) reste aléatoire (en tout cas dans ma région). J’hésite encore entre acquérir un bien pour de l’investissement pur ou pour moi. Les biens immobiliers pour y habiter avec mes enfants (ils ont aujourd’hui chacun leur chambre, et apprécient ce luxe), dans mon secteur idéal sont hors de prix, disons plutôt (pour essayer de casser cette croyance limitante du « c’est trop cher ») que mes revenus actuels ne me permettent pas encore d’en profiter ; dans le secteur que j’habite actuellement, les prix sont très élevés également, et mon loyer, bien qu’élevé, est raisonnable par les temps qui courent.

Au fil du temps, mes revenus augmentent, mes besoins aussi, tout au moins mes envies. Je n’ai plus envie de sacrifices, de me contenter de peu, de « faire avec ce que j’ai ». Les prix augmentent, les besoins de mes enfants aussi. Tout est encore trop cher. J’ai envie de profiter, me faire plaisir maintenant tout en restant raisonnable pour ne pas mettre mon équilibre budgétaire en difficulté et pour pouvoir réaliser mes projets d’avenir (ceux que j’aurais aimé réaliser plus tôt, et qui ne l’ont pas été faute de gestion budgétaire digne de ce nom).

Peut-être que je vise toujours trop haut, je cherche à atteindre le haut de l’échelle directement sans passer par le premier échelon. Je veux tout tout de suite (tiens, ça me rappelle ce que je dis de mes ados …), alors que le plus sûr chemin est d’y aller pas à pas. Plutôt qu’une maison avec jardin + une chambre pour chacun + un bureau/espace de travail pour moi + un garage/atelier + … tout cela est accessible mais pas immédiatement. Peut-être que cela passe d’abord par une maison plus petite, dans un secteur moins coté mais avec des prix qui correspondent mieux à mon budget ; ou encore un T2, et si le prix est encore trop élevé, un studio (pour de l’investissement immobilier).

Peut-être que demain je voudrai une voiture plus récente, une logement avec plus de confort, de voyager ou sortir un peu plus, … Mes revenus vont continuer d’augmenter, ainsi que mes envies et besoins, très probablement.

Et au final, tout sera toujours trop cher. A un moment donné, il faut donc sauter le pas et effectuer cette dépense qui nous semble juste, pour le plaisir ou l’investissement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.